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Pets et édulcorants : pourquoi 'sans sucre' peut rimer avec plus de gaz

Les chewing-gums sans sucre, les bonbons allégés et les en-cas 'sans sucres ajoutés' s'accompagnent souvent d'un effet secondaire passé sous silence : des flatulences marquées. Les coupables habituels sont les polyols, une famille d'édulcorants que l'intestin peine à absorber.

Que sont les polyols ?

Les édulcorants pauvres en calories appartiennent à plusieurs familles chimiques, mais les plus réputés pour provoquer des gaz sont les polyols. Malgré leur nom d'alcools de sucre, ils ne contiennent ni sucre ordinaire ni alcool enivrant. Les exemples courants sont le sorbitol, le xylitol, le mannitol, le maltitol, l'isomalt, le lactitol et l'érythritol. Les fabricants les adorent parce qu'ils ont un goût sucré, apportent du volume et de la texture, ne provoquent pas de caries et fournissent moins de calories que le sucre de table. On les trouve dans les chewing-gums sans sucre, les pastilles à la menthe, le chocolat pour diabétiques, les barres protéinées, les sirops contre la toux et les glaces 'sans sucres ajoutés'. Le piège réside dans leur chimie : leurs molécules ne sont que partiellement absorbées par l'intestin grêle humain. Ce qui n'est pas absorbé poursuit sa route vers le gros intestin, où il devient la nourriture des bactéries résidentes et la matière première d'une quantité surprenante de gaz intestinaux.

Pourquoi l'intestin les transforme en gaz

L'intestin grêle absorbe rapidement les sucres ordinaires, mais les polyols n'ont pas de système de transport dédié pour franchir la paroi intestinale. Ils sont absorbés lentement et de façon incomplète, si bien qu'une grande partie atteint le côlon intacte. Là, des milliers de milliards de bactéries les accueillent comme un festin inattendu et les fermentent pour en tirer de l'énergie. Cette fermentation libère de l'hydrogène, du dioxyde de carbone et, chez beaucoup de gens, du méthane : précisément les gaz qui gonflent l'intestin et finissent par être expulsés sous forme de flatulences. Deux facteurs aggravent l'effet. D'abord, les polyols non absorbés sont osmotiquement actifs, ils attirent l'eau dans l'intestin et provoquent souvent ballonnements, crampes et diarrhée. Ensuite, plus on en consomme, plus les bactéries reçoivent de substrat, de sorte que les symptômes augmentent avec la dose. Voilà pourquoi quelques chewing-gums sans sucre de trop peuvent offrir un après-midi mémorable.

Tous les édulcorants ne se valent pas

Les polyols diffèrent énormément par la quantité de gaz qu'ils produisent, car chacun est absorbé à un degré différent. L'érythritol est le plus doux : sa petite molécule est absorbée dans l'intestin grêle et éliminée dans les urines, si bien que peu atteint le côlon et qu'il provoque rarement des gaz importants aux doses normales. Le sorbitol et le mannitol se situent à l'extrémité problématique, mal absorbés et notoirement laxatifs, ce qui explique pourquoi les autorités de nombreux pays imposent une mention indiquant qu'une consommation excessive peut avoir un effet laxatif. Le maltitol, courant dans le chocolat sans sucre, se situe entre les deux mais est un coupable fréquent car le chocolat se mange facilement en excès. À l'inverse, les édulcorants intenses comme l'aspartame, le sucralose, la saccharine et la stévia s'emploient en quantités infimes et ne fermentent pas de la même manière, de sorte qu'ils provoquent en général bien moins de flatulences que les volumineux polyols.

Comment savourer le sucré sans la tempête

Il n'est pas nécessaire de renoncer aux friandises sans sucre, mais un peu de stratégie aide. Commencez par lire les étiquettes : si le sorbitol, le maltitol, le mannitol ou l'isomalt figure en tête de la liste des ingrédients, attendez-vous à des gaz en cas d'excès. La plupart des gens tolèrent une petite quantité, un ou deux chewing-gums, sans souci, et l'intestin peut s'adapter en partie sur des jours ou des semaines d'exposition régulière, à mesure que le microbiote s'ajuste. Si vous êtes sensible, privilégiez les produits sucrés à l'érythritol ou aux édulcorants intenses, bien moins fermentescibles. Répartir la prise sur la journée plutôt que de manger tout un paquet d'un coup maintient chaque dose sous votre seuil personnel. Et si un aliment annonce fièrement qu'il est 'sans sucre' tout en ayant un goût résolument sucré et moelleux, prenez-le comme un doux avertissement pour votre système digestif.

Le saviez-vous ?

Le saviez-vous

En 2008, des médecins ont rapporté des cas de perte de poids spectaculaire et de crampes chez des patients qui mâchaient chaque jour de grandes quantités de chewing-gum au sorbitol ; une personne absorbait sans le savoir une dose presque laxative rien qu'avec le chewing-gum.

Sources

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